Edito #2 (Novembre 2012)

NOTE IMPORTANTE : Afin de toucher le max de lecteurs et dans une quête de notoriété pour payer notre dose quotidienne d’héroïne, nous avons décidé ce mois-ci de ne pas parler de groupes bordelais (c’est une stratégie marketing, tu peux pas test), mais nous vous adressons une promesse : dans tous les prochains numéros de Flippin Mag, AU MOINS UN GROUPE BORDELAIS AURA DROIT A SON ARTICLE !
Cependant on parle pas mal du Rocher de Palmer donc on est pas totalement hors-sujet. Bon allez, je vous emmerde plus, lisez plutôt :

J’aime bien le mois de novembre, parce qu’en général la fin d’année corrige un peu le tir d’un millésime assez moyen en terme de sorties musicales. Bon c’est vrai qu’on a pas eu de grandes découvertes, de révélations hallucinantes sorties de nulles part… Mais on a un nouvel album de Godspeed You ! Black Emperor, les mastodontes canadiens du Post-Rock, et ça c’est déjà une victoire. Parce qu’en plus, le skeud s’avère assez fidèle à l’univers du groupe, et pour couronner le tout, rivaliserait presque avec leurs productions des années 2000 en terme de qualité. Allelujah, don’t Bend, Ascend !
On a aussi eu le droit à deux pures pépite psychédéliques : la première venue d’Australie Tame Impala, et l’album de la petite protégée de son chanteur Melody’s Chamber Echo.
ez3kielEt puis y’à ces français d’Ez3kiel, déjà bien implantés dans le circuit. Nouvel album live : Naphtaline Orchestra. Avec un nom pareil, autant délaisser l’album et aller tenter l’expérience en concert tant qu’on y est…

Pourquoi pas après tout ? Pourquoi pas se sortir la tête du cul, arrêter de pleurnicher sur les sorties déplorables de l’année 2012 ? Un Jack White au minimum syndical, un Brian Jonestown Massacre qui tente de se renouveler avec difficulté, une autre guimauve tordue des Dandy Warhols… Après tout, l’erreur est humaine non ? L’important est que ces artistes nous fassent toujours vibrer, et à défaut de le faire sur CD, peut-être y parviendront-ils sur scène ?
La vérification s’impose ! Parce que c’est un peu notre devoir, mais surtout parce que c’était bien l’expérience musicale la plus intéressante à tester à Bordeaux cette année. La renaissance de Godspeed You ! Black Emperor, et deux semaine plus tard, les nouvelles expérimentations symphoniques d’Ez3kiel. Semaine sur ce semaine, ces deux groupes ont fait un détour au Rocher Palmer de Cenon, et forcément, l’équipe de Flippin’ y a déposé sa tente. L’emplacement est à la périphérie de la ville, bénéficiant d’un parc assez spacieux pour se promener nu de beau matin, et très accessible grâce au tramway. La playlist y est alléchante (Wax Taylor, Dandy Warhols, Johnny Winter) et la salle, en terme d’acoustique et d’architecture, à la hauteur de ce joli programme. Fin de parenthèse.
Quelle fierté de constater que les Français d’Ez3kiel cherchent toujours l’innovation, et ne se contentent pas de nous resservir le même style à chaque nouvelle sortie. Electronique, trip-hop, ambiant, post-rock… Les tourangeaux ont su traverser les années 2000 en se renouvelant constamment sans jamais céder à l’orgueil des foules de festivals déjà acquises à leur cause. rocher-de-palmerEt au Rocher, devant un public aussi éclectique que leur musique, les musiciens ont prouvé qu’ils n’ont pas usurpé leur réputation en livrant un show post-rock ponctué de musique classique et d’expérimentations audacieuses. Des longueurs, certes, mais résultant d’une certaine prise de risque qu’on ne peut que féliciter.
Parce que finalement, caler un passage instrumental à base de verres à pieds chantants où livrer un riff ultra-heavy derrière une rythmique au xylophone, ce n’est qu’un petit pas pour la musique, mais un grand pas pour l’espoir, l’espoir de voir des artiste tenter l’impossible, quitte à se casser la gueule.
A défaut de se torcher avec de bons disques, le rock a encore de beaux jours devant lui, enfin, de belles nuits ! (de concert).

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Edito #1 (Octobre 2012)

« Fuck you, I won’t do what you tell me »  Zack de La Rocha

Montez le son, allumez une clope, fermez les yeux, rêvez…

On parle de musique là non ? Ouais ouais, on parle bien de ça, et c’est ce que flippin’ va tâcher de faire cette année à Bordeaux. Beaucoup de groupes, variés et éclatés partout sur les scènes bordelaises, et peu de presse pour les couvrir. Y’a bien quelques revues bien pensantes financées par la mairie pour vous baratiner sur le dernier concert d’Eiffel où la prochaine soirée electro à l’Iboat, mais est-ce suffisant ?

Sûrement pas. Putain, depuis Noir Dez’, rien n’a su secouer notre chère ville embourgeoisée par les boites de nuit electro, et autres soirées épicuriales pour discuter du dernier album de Dylan autour d’un bon verre de vin bradé. Après cet élégant apéritif, pourquoi ne pas se dandiner vers Paludate, exhiber sa nouvelle chemise sur un nouveau tube enflammé de Jay-Z, où je ne sais quel remix d’un putain de tube de l’été à gerber ? Après tout, l’odeur du gel fondu se mêle plutôt bien avec celle du déodorant. Et puis David Guetta après trois verres et un rail c’est tout de même sympa !

Se mêler aux nouveaux hipster aux allures retro, ça aurait pu le faire, seulement si ces derniers n’avaient pas un penchant certain pour le ridicule affiché avec fierté dans des fringues hideuses et des coupes faussement crasseuses.

Non, vous valez mieux que ça. La musique ne doit pas être le monopole des bien pensants, des mouvements conformistes. Les Pussy Riot ne le savent que trop bien. La musique (et on appliquera principalement dans nos colonnes ce terme au rock dans son ensemble) doit secouer la norme, faire bouger les choses, tenter le diable, et non se dénuder sur NRJ 12 dans une soupe infâme qui n’a de R&B que le nom, maquillée et travestie indignement pour réinventer une féminité sans vêtements (et sans dignité). Mais après tout, que demande le peuple ? Des refrains faciles, des suites de notes pas trop compliquées et une production qui sonne bien pour danser tout l’été. Bref, un modèle de composition !!

L’electro, le hip-hop, le rap… Rien de tout cela n’est à blâmer. En revanche, je ne serais pas si catégorique sur les producteurs qui sauront ruiner musicalement des artistes et ridiculiser un genre entier au moyen d’employés (je ne leur accorderai même pas le qualificatif de « chanteur ») aussi complices qu’eux dans ce massacre, cette escroquerie des genres sortis sortis des bas-fonds pour une insupportable démocratisation, que dis-je, décrédibilisation. Il suffit d’un morceau de Sexion d’Assaut pour que le glas retentisse. Si les rappeurs des 90’s avaient su ce qu’allait devenir leur précieux art de rue, ils auraient eu là véritable prétexte pour mettre la banlieue à feu et à sang.

Mise en garde alarmante ? Non, simple constat de ces années 2010 déjà trop élancées vers l’uniformisation des radios et du style de vie.

Reste-t-il de l’espoir ? Flippin’ a envie d’y croire, et se lance dans une aventure sur le non-marché des presses indépendantes. Au programme : rébellion, guitare, concerts et jeunesse. Si nous rejetons le culte du mainstream, alors c’est peut-être l’underground qui nous prendra sous son aile blessée.

Bonne rentrée !