Playlist #2 (Novembre 2012) ‘CHEVEUX LONGS, MORCEAUX LONGS’

Woulalaa ! 2h19 de musique ! Flippin fait le plus grand raccourci du monde (cheveux longs = morceaux longs) et vous offre ces belles pépites.

Voici la tracklist :

1. Sweet Smoke « Silly Sally » (1970)
2. Pink Floyd « Atom Heart Mother » (1970)
3. Television « Marquee Moon » (1977)
4. Ride « Leave Them All Behind » (1992)
5. Spiritualized « Cop Shoot Cop » (1997)
6. Godspeed You ! Black Emperor « Sleep » (2000)
7. EZ3kiel « Salystoar » (2001)
8. The Black Angels « Snake In The Grass » (2008)
9. The Horrors « Moving Further Away » (2011)

Chronique #1 (Octobre 2012) NOWHERE (FILM & ALBUM)

« Los Angeles c’est genre… Nulle part. » sont les premiers mots du film.

 

Aaaah Los Angeles, ville de l’excès et de la folie… Et oui cher lecteur, Gregg Araki l’a trouvé le lieu parfait pour son film « Nowhere » mettant en scène des adolescents américains et qui avec succès, nous emmènent dans le monde fabuleux de la drogue, l’amour, le pluralisme sexuel, l’anorexie, le sadomasochisme, la violence et autres délires en tout genre (dont le fait, entre autres, d’insérer du chocolat dans le vagin de sa conjointe pour mieux le déguster). « Ah, dégueu, jamais j’irais voir ce film. » Et si je te dis qu’en plus, cher lecteur, le film n’a pas d’histoire à proprement parler, de scénario bien défini ?

On s’en fout puisque à la moitié du film un énorme lézard extraterrestre débarque sur terre et s’amuse à buter la moitié des personnages. « Ah ok, ça à l’air trop cool en fait ». Ouais. Assez déjanté ce movie. En plus des décors vraiment farfelus et ultra colorés, ce qui fait la force du film, ce sont les héros de « Nowhere », complètement barrés mais très, très attachant. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que l’extrême too-much-ité des personnages rends leur comportement et le film très réaliste. On croit que ces types ont existé et on a trop envie de faire parti de leur bande de potes pour les sauver ! Sauver ces représentants de cette génération 90’s perdue, déboussolée qui côtoie de près la mort à cause de (ou grâce à?!) la drogue qu’elle s’enfile par paquets de 10. « Nowhere » est l’illustration parfaite de ce qu’a vécu cette génération et à la fin du film, on reste sans voix mais notre cerveau de petit être sensible hurle : « C’est quoi ce bordel ?! ». Un peu comme quand on écoute l’album du même nom : « Nowhere » (faut suivre les gars) du groupe d’Oxford, Ride. Oui, car cette génération perdue, les types de Ride en font partie avec leurs cheveux longs et leur dégaine je-m’en-foutiste. Aaah le shoegaze… Pour les incultes, ce terme désigne les guitaristes qui fixent (to gaze) leur chaussures (shoes) vu qu’ils ont une vingtaine de pédales d’effets comme ce cher Louis de Be Quiet. Le film en question regroupe également dans sa BO tout plein de chansons shoegaze (Lush, Slowdive…). La vie est bien faite non ?

Sachez par ailleurs que « Nowhere » est considéré comme l’un des meilleurs albums shoegaze de tous les temps. Et bien je confirme. La transe causée par la drogue (Seagull), l’amour (Vapour Trail), le sexe (Here And Now) et cette terrible sensation de tomber dans un immense puits sans ne pouvoir rien faire (In a Different Place, Dreams Burn Down, Paralysed) sont les émotions et les images que procure ce fabuleux disque. Bien aidé de la wah et du flanger d’Andy Bell, le groupe s’impose en maîtres dans l’art de faire chavirer nos cœurs : à l’écoute du disque on ne sait pas si on va mourir dans la nuit suivante ou si on va faire l’amour avec l’être que l’on aime le plus (comme sur Polar Bear par exemple). Le titre Nowhere nous emmène dans une violence que l’on croyait inexistante chez ces jeunes adolescents à la voix douce et langoureuse. Cet album regorge également de pépites pop comme Kaleidoscope ou Taste lesquelles nous emmènent (comme l’ensemble de cet album) loin, loin, très loin mais on ne sait où…

Nulle part peut-être ?